Schtroumpf City : Autopsie

Bonjour !
Vous avez apprécié Schtroumpf  City ? Vous êtes curieux de voir comment se fabrique une BD ? Vous êtes là par hasard ? Vous êtes un spam ?

Et bien voici un pas-à-pas sur le processus de création de ce mélange BD entre les Schtroumpfs de Peyo et Sin City de Frank Miller !

Bonne lecture !

1ère étape : mise en forme des idées

Après avoir eu l’idée de Schtroumpf City (c’est le titre qui m’est venu en premier), la voir validée par les sourires de mes potes, j’ai relu du Sin City et du Schtroumpf. Une lecture-plaisir d’abord (pour retrouver l’âme des oeuvres) et une lecture analytique ensuite pour voir ce que je pourrais tirer du mixage des deux titres.
J’ai commencé quelques gribouillages au lavis (encre de chine diluée dans de l’eau, dans un pinceau à réservoir. Très pratique !). Frank Miller m’avait beaucoup marqué quand j’étais adolescent, quand Sin City est sorti. Je me disais que je n’avais jamais vu ça et avait passé des heures à regarder ces dessins sans ligne, taillé dans les masses de noir et blanc. Peyo et les Schtroumpfs étaient plutôt de vieux compagnons, car j’ai baigné dans les BD franco-belges quand j’étais môme.

J’ai tâtonné un peu pour arriver à saisir cette démarche déroutante pour tout dessinateur habitué à la ligne. Et des images sont arrivées, des bouts d’histoire me sont venus sous forme de storyboards.

A Sin City, les femmes sont souvent au centre des préoccupations, notamment pour les histoires popularisée par le film (The Hard Goodbye, That Yellow Bastard,…). Pour les Schtroumpfs, la Schtroumpfette est aussi un sujet principal et fait partie de l’intrigue générale. J’avais mon axe : la Schtroumpfette, une disparition, le Schtroumpf costaud = Marv, le grand Schtroumpf = sénateur Roark et un rebondissement final.
L’histoire aurait presque pu être Schtroumpfique (violence en moins) mais la manière de Sin City en fait un drame.

2ème étape : Recherches graphiques

Comme j’ai tout fait d’un jet, quasiment en écriture automatique, je me suis fourvoyé avec un dessin des Schtroumpfs trop réaliste. Je voulais d’abord les faire coller physiquement à Sin City mais cela en perdait tout son sens.

En griffonant pour la première page, toujours en essayant de me rapprocher du traitement graphique de Miller, apparu un Schtroumpf plus proche des originaux. Il s’est avéré ensuite que les déformer un tout petit peu suffisait. C’était amusant visuellement, on y retrouvait un peu des deux BD.

Pour la technique de Frank Miller, j’en suis arrivé à cette méthode : caler un dessin à la ligne tout d’abord, choisir un éclairage et placer les ombres et lumières en s’arrangeant pour que les formes se dessinent et ne s’embrouillent pas trop. Puis, reprise du dessin par transparence (table lumineuse), affinage des masses noires et blanches, suppression des lignes, tentatives esthétiques.


Recherches de design et d’éclairage sur Schtroumpf “Marv” Costaud.

3ème étape : les planches

Il ne restait plus qu’à attaquer les pages. Voilà les trois étapes :
- Dessin au gris + calage des masses
- Reprise au pinceau, par transparence
- Nettoyage à l’informatique et placement des textes

La narration de Frank Miller est plutôt sage pour du comics, la lisibilité devant primer. Il prend aussi beaucoup de place pour laisser s’étaler les aplats de noirs. Il s’autorise des pleines pages, des doubles pages et parfois des pages un peu esthétisantes, en rapport avec l’action. Et autre point notable :  Sin City est une BD très bavarde. J’ai raccourci un peu ce trait. Pour les Schtroumpfs, il fallait évidemment qu’ils soient reconnaissables en général comme en particulier. Je me suis collé aux codes de Peyo en les relookant un petit peu.

D’un point de vue stylistique, il s’agit soit d’un Sin City humoristique, soit d’une aventures  Schtroumpfs pervertie. Chacun adoptera la position qu’il veut (ou une autre) sur le sujet. L’intérêt, pour moi, étant de montrer la part d’ombre que pourraient avoir les Schtroumpfs si elle avait été explorée par Miller dont c’est la marotte. L’intention était aussi de renouveler ce choc visuel vécu adolescent en utilisant l’imagerie connue, rassurante et immuable du schtroumpf (j’avais la peluche du grand schtroumpf, hé !).

Histoire à lire ici : http://mooloozone.wordpress.com/2011/12/20/schtroumpf-city/

Et comme cadeau de Noël :
= SCHTROUMPF CITY SPECIAL BORA BORA ROUGH EDITION =











6 Commentaires

Classé dans Yop!/Crislane

6 réponses à Schtroumpf City : Autopsie

  1. Ping : Schtroumpf City : Autopsie | Mooloozone – Comics Mash-Up

  2. Vraiment très très instructif ! Et d’ailleurs Schtroumpf City est une réussite ;)

  3. Pepito

    Super !… Noyeux Joël ! Yop !

  4. Blek

    Sur la page avec le mec qui crie, t’as encré normalement puis t’as utiliser l’option “négatif” ? :D

    Par contre sur les essais pour la page “le grand schtroumpf” , je crois que je préférai le premier schtroumpf costaud, celui avec le visage dans le noir. Il a pas l’air assez méchant peut-être, mais je sais pas, je le trouve plus cool. Après avec toute la page en noir autour, je sais pas si c’était méga lisible, mais je pense que ça le faisait.

  5. c’est vraiment super intéressant de lire un article comme ça, façon making of. Ca nous permet de nous plonger un peu plus dans le travail que représentent tes mix des bd.
    J’en profite pour te dire un grand bravo pour ton travail en général, tu gères vraiment bien le mélange de deux univers et tu analyses très bien les différents points sur lesquels jouer pour que ça fonctionne. Vraiment, bravo.

  6. Ping : Rough in Slumberland | Mooloozone – Comics Mash-Up

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